DONNEZ VOTRE AVIS,PARTICIPEZ AUX BLOGS

LE CASABIANCA MIS A L'ECART !!!!

LA STELE DE CHIUNI A L'ABANDON !!!!

 

 AUJOURD'HUI POUR" MONTRER QUE LON SE SOUVIENT" LA STELE DE CHIUNI QUI COMMEMORAIT L'ACTION DU CASABIANCA ET QUI ETAIT VISIBLE DE LA LA ROUTE APRES LE PONT DE CHIUNI N'EST PLUS VISIBLE PAR LE VOYAGEUR CAR LA ROUTE A ETE MODIFIEE IL Y A PRES DE DIX ANS . PERSONNE NE S'EST SOUCIE DEPUIS QU'IL FALLAIT LA DEPLACER .C'EST UNE HONTE QUAND ON CONNAIT TOUTE L'IMPORTANCE DU CASABIANCA ET DES HEROIQUES CAMARADES DE LA MISSION "PEARL HARBOUR" DANS LA LIBERATION DE LA CORSE

ILY A 20 ANS C'ETAIT AUTRE CHOSE

Le 13 décembre 1987 les municipalités de CARGESE, MARIGNANA et PIANA ont commémoré le 45e anniversaire du premier débarquement clandestin en Corse d’une équipe des Services Spéciaux de la Défense Nationale. Une double cérémonie fut organisée à cette occasion - à la stèle de CHIUNI, érigée sur la route de CARGESE à PIANA où naguère l’A.A.S.S.D.N. en Congrès à Ajaccio avait déposé une gerbe; - à REVINDA où fut inaugurée une plaque commémorative portant les noms des héroïques camarades de la mission PEARL-HARBOUR.
L’A.A.S.S.D.N. était représentée par Toussaint GRIFFI, hélas seul représentant de la mission, et par Lucien LABADIE, secrétaire général de notre délégation de la Corse du Sud.
Les autorités civiles et militaires étaient notamment représentées par : M. Pierre MORIN, Préfet de Police, le Colonel RAILLON représentant le Général commandant la 55° Division Militaire, le Capitaine du Vaisseau HEMARD commandant la Base Aéronavale d’ASPRETO et la Marine de la Corse, M. NICOLI, Directeur interdépartemental des A.C. et V.G. et, bien sûr, les maires des communes intéressées. Après la messe célébrée à REVINDA des allocutions furent prononcées. Nous donnons ci-après de courts extraits de l’émouvante allocution prononcée par notre camarade Toussaint GRIFFI.

EXTRAITS DE L’ALLOCUTION PRONONCEE PAR TOUSSAINT GRIFFI A L’OCCASION DE L’INAUGURATION DE LA PLAQUE COMMÉMORATIVE A REVINDA, LE 13 DECEMBRE 1987.
par Toussaint GRIFFI
« ...Ce fait d’armes concernant l’arrivée en Corse de la première mission française venue d’Alger à bord du sous-marin « CASABIANCA » et débarquée clandestinement dans la nuit du 15 décembre 1942 a été maintes fois revendiquée par les uns et les autres, à tel point que j’en viens parfois à me poser la question de savoir si Laurent Preziosi et moi-même y avons réellement participé. Voici comment les choses se passèrent :
Après le débarquement Allié en Afrique du Nord, en novembre 1942, le Général Rivet, chef des Services Spéciaux de la Défense Nationale, s’efforça de ressaisir tous les fils du renseignement pour en faire bénéficier le Commandement Allié.
C’est ainsi qu’il lui apparut indispensable de lancer une mission de renseignement et d’action sur la Corse. Le sous-marin « CASABIANCA » du Commandant L’Herminier venait de s’évader de Toulon et de rejoindre les Forces Françaises Libres en Afrique du Nord. L’audace de son équipage et sa compétence le désignaient pour effectuer la première opération de débarquement clandestin d’une mission en Corse, occupée par l’ennemi italien.
Mais le Commandant du « CASAB » n’admit de tenter une telle opération qu’avec l’assurance formelle qu’elle fût organisée dans le secret exclusif et absolu des Services Spéciaux Français, et notamment ignorée du Haut-commissaire, l’Amiral Darlan et de son entourage.
Une équipe fut constituée, composée de quatre hommes, tous volontaires, comprenant : - le Commandant Roger De Saule (chef de mission); - l’Officier Radio Pierre Griffi (qui fut plus tard arrêté et fusillé après avoir émis plus de 200 messages) - le Lieutenant Laurent Preziosi (aujourd’hui Administrateur Civil en retraite) - le Lieutenant Toussaint Griffi (Adjoint au chef de mission).
La France disposait ainsi des hommes et des moyens de transport. Mais le matériel radio faisait défaut ; celui-ci devait être fourni par les Services Spéciaux Américains. C’est ainsi que le Capitaine Frederic Brown dont les connaissances techniques, notamment en matière de radio étaient éprouvées, ainsi que sa solide réputation de nageur, fut mis à la disposition du Commandant De Saule.
Le groupe ainsi constitué fut débarqué clandestinement dans la crique de Topiti, au cours de la nuit du 14 au 15 décembre 1942. Pierre Griffi emmenait avec lui un poste-radio et ses accessoires. Sitôt conduits à terre, alors que Frederic Brown et Pierre Griffi étaient laissés sur place, cachés dans le maquis, les trois autres membres de la mission se mettaient en route pour tenter de rejoindre Revinda où ils espéraient trouver aide et assistance.
Notre progression s’avéra très difficile en raison de la pluie qui tombait en abondance du maquis inextricable. A 8 heures nous atteignions la route au pont de Chiuni. Après un quart d’heure de marche, nous tombions providentiellement sur l’Abbé Mattei, curé de Cargèse, qui se rendait précisément à Révinda pour y célébrer la fête de Sainte-Lucie.
Rencontre furtive mais non dépourvue d’intérêt pour la suite des événements A l’heure où les cloches sonnaient pour annoncer l’office, nous arrivions à Revinda et nous rendions aussitôt à l’église où nous étions le point de mire de tous les villageois. Néanmoins au cours de la procession, nous fûmes invités à porter la statue de la sainte.
A l’issue de l’office, nous demandons un entretien à l’Abbé afin de lui exposer notre problème. Sitôt mis au courant, sa réponse fut spontanée : « Si vous êtes des Français qui arrivez pour préparer l’insurrection de la Corse, je suis votre homme; je vous promets aide et assistance. » Sitôt dit, sitôt fait... La suite serait trop longue à raconter. Sachez seulement que notre mission en Corse devait se prolonger pendant trois mois. Et croyez-moi, dans les années 1942-1943, les mois étaient longs par ici...
Le 6 février 1943, le sous-marin se présente de nouveau devant la plage d’Arona et y débarque 450 mitraillettes « Sten » et 60 000 cartouches. Une stèle érigée depuis par la municipalité de Picana, ayant à sa tête le Député-maire Nicolas Alfonsi, porte gravés sur une plaque tous les noms des hommes du commando qui réalisèrent cette opération.
Je profite de l’occasion pour saluer la présence de deux anciens du sous- marin : Asso et Cardot, qui se trouvèrent coincés en Corse lors de l’opération, n’ayant pu rejoindre le submersible car leur barque s’était envasée dans le sable. Tous ces hommes que je viens de citer ne représentent en fait qu’une infime partie des combattants volontaires de la résistance qui se sont battus contre l’envahisseur. Beaucoup se sont sacrifiés afin que la Corse retrouve sa dignité et vive libre et heureuse dans le sein de la Mère Patrie la France.
Mais si au réseau « PEARL-HARBOUR », pendant plus de quarante ans, nous nous sommes tenus à l’écart de certaines luttes intestines, c’est par respect pour le serment que nous avons fait en entrant dans les Services Spéciaux Français de la Défense, à savoir SERVIR, SE TAIRE, SE SACRIFIER

Libération de la Corse : L'émouvant témoignage du dernier survivant des missions Casabianca

Publié CORSE MATIN le mercredi 22 septembre 2010 à 02H00 - 1

Au bas de la place Saint-Nicolas à Bastia, la tourelle du Casabianca témoigne du rôle clé qu'a joué ce sous-marin dans la libération de la Corse. GERARD BALDOCCHI

Pressés que nous sommes, nous ne levons plus la tête pour observer ce qui nous entoure ou nous surplombe. Et ainsi, nous passons souvent à côté d'un certain nombre de choses, des éléments architecturaux et parfois des témoignages historiques.

Tel est le cas de l'immeuble situé au 35 boulevard Paoli, la principale artère de Bastia. Juste au-dessus du portail, une plaque, réalisée par l'association Union fraternelle de la résistance, rappelle qu'ici au domicile de Hyacinthe de Montera, l'ancien maire de Bastia (il avait été révoqué de ses fonctions par Vichy), ce dernier avait, en compagnie de son fils Joseph-Louis, reçu le 20 décembre 1942 la première mission envoyée par les forces françaises libres d'Alger à bord du sous-marin Casabianca pour organiser la résistance en Corse.

Cette mission implanta « dans toute l'île un puissant réseau de renseignement et d'action constituant la structure militaire de base sans laquelle toute entreprise ultérieure n'aurait pu exister, peut-on lire gravé dans le marbre.

« Mission Pearl Harbour »

?uvre décidée et réalisée sous l'autorité du général Giraud, commandant en chef des forces françaises d'Afrique du Nord avec le soutien des Américains (un agent de l'OSS, « M. Brown » y a d'ailleurs participé), cette opération, qui avait pour objectif de jeter les bases d'un débarquement des troupes françaises en Corse, s'appuyait sur un commando des services spéciaux militaires français baptisé « Pearl Harbour ». C'est afin d'être en mesure d'apporter un soutien aux maquisards de la métropole que le général Giraud « en liaison avec l'état-major allié a envisagé en novembre 1942 de préparer un débarquement sur l'île qui était occupé par 80 000 soldats ennemis, se souvient Laurent Preziosi, aujourd'hui âgé de 98 ans et dernier témoin direct des missions du Casabianca. « Le délai était court, quatre à cinq mois, pour préparer en hommes et en matériel ce débarquement. D'où l'organisation d'une mission chargée de recueillir des renseignements et de préparer le terrain. »

Des contacts noués à travers l'île

Dirigée par le commandant Roger de Saule, un citoyen belge qui s'était engagé en 1939 dans la Légion étrangère, cette mission comprenait trois Corses qui connaissaient bien le terrain : le lieutenant de réserve Laurent Preziosi, le lieutenant Toussaint Griffi et le radio Pierre Griffi.

Le transport de cette équipe des services secrets a été effectué par le fameux sous-marin Casabianca, commandé par le capitaine de frégate L'Herminier, qui après avoir échappé au sabordage de la flotte française à Toulon, effectuait la première de ses missions sur les côtes corses. « Le 11 décembre 1942 à 19 h 30, le sous-marin Casabianca a largué les amarres et quitté Alger par une nuit calme et glaciale pour rejoindre la Corse, raconte Laurent Preziosi, auteur d'un livre avec Toussaint Griffi sur cette opération 1. Le 14 décembre à 1 heure du matin, nous avons mis pied à terre dans l'anse de Topiti près de Cargèse sur la côte occidentale. »

Les membres de la mission « Pearl Harbour » prennent contact avec l'abbé Mattei, curé de Cargèse, puis à partir de Revinda, hameau de Marignana, nouent les premiers liens avec les patriotes. Très vite, ils mettent en place des groupes locaux de résistants à Marignana, Corte, Bastia, Saint-Florent, l'Ile-Rousse, Calvi, Ajaccio, Sartène, Coti-Chiavari, Solenzara, etc.

Dès le premier mois de présence, de nombreux renseignements sont collectés sur tout le territoire grâce aux contacts établis avec les résistants corses et aux déplacements que les membres de la mission effectueront de jour comme de nuit en train, à vélo, à pied ou bien encore à dos-d'âne.

Le sacrifice de Pierre Griffi

De décembre 1942 à fin janvier 1943, le radio Pierre Griffi a transmis à Alger plus de 90 messages qui sont autant de renseignements - « des plus complets et des plus précieux, dira le commandant L'Herminier - sur le dispositif de défense de l'occupant. Ce qui servira de base à l'acheminement des armes et des munitions qui seront déposées pour la première fois le 6 février 43 dans l'anse d'Arona et de préalable pour passer à « la phase d'organisation de la résistance militaire ».

Les envois d'armes se poursuivent dans des conditions qui deviennent de plus en plus périlleuses. En mars 1943, les membres de la mission sont contraints de s'échapper de Corse à bord du Casabianca pour rejoindre Alger. Pierre Griffi refuse de partir et reste sur place pour poursuivre le travail mais repéré, traqué, puis arrêté en mai 1943 par les services de l'O.V.R.A., l'équivalent de la gestapo au sein des forces fascistes italiennes, il est torturé, condamné à mort et fusillé à Bastia le 18 août 1943. Le souvenir de cet ami au grand courage, avec lequel il partageait un objectif « celui de libérer notre petite patrie de l'occupant », reste gravé dans la mémoire de Laurent Preziosi ainsi que ceux de tous les autres maillons de la chaîne construite par « Pearl Harbour » et des autres réseaux qui ont payé de leur vie leur engagement dans la résistance. Et au-delà de tous ceux qui ont participé de part et d'autre à « cette grande oeuvre collective ».

Premiers pas vers la libération de la Corse

La mission « Pearl Harbour » a été une réussite. À Alger, les autorités militaires soulignent que « le réseau fonctionne à leur grande satisfaction et permet d'ores et déjà d'envisager l'organisation de l'insurrection armée, souligne Laurent Preziosi. Tous les points stratégiques de l'île sont en effet compris dans notre réseau dont les ramifications recouvrent l'ensemble du territoire insulaire. »

Le capitaine de gendarmerie Paul Colonna d'Istria prend la relève pour mener la seconde phase de l'opération. « Nous avons eu un entretien avec cet homme énergique et souriant, et lui avons donné les informations lui permettant de savoir qu'il peut compter en Corse sur des forces combattantes prêtes. Notre mission a pris fin avec cet entretien, précise Laurent Preziosi.

Chargé par le général Giraud d'assurer la coordination militaire des combats insurrectionnels contre les troupes d'occupation italo-allemandes, le capitaine Colonna d'Istria, qui comme Fred Scamaroni et Arthur Giovoni sera reconnu compagnon de la Libération, va continuer et parachever la constitution de groupes armés.

La libération de la Corse est en marche...

 

Première mission en Corse occupée avec le sous-marin Casabianca par Toussaint Grifffi et Laurent Preziosi. Présentation de Jean Rous, préface d'Henri Noguères. Éditions L'Harmattan, 1988

 

piana CARGESE CASABIANCA CHIUNI Résistance

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau