collectif aitone 2013 lettre ouverte

Lettre adressée à TOUS les élus de l'Assemblée de Corse le 26/09: à ce jour, une seule réaction, celle de Femu a Corsica, que vous trouverez  a la suite



Lettre ouverte du collectif Aitone 2013 (26/09°

A,

Monsieur Dominique Bucchini, Président de l’Assemblée de Corse

Monsieur Paul Giacobbi, Président du Conseil exécutif

Mesdames et Messieurs les Présidents de groupes,

Mesdames et Messieurs les élus,

 Nous, simples citoyens  et électeurs de demain, demandons à chaque groupe et représentant élu, de condamner fermement et publiquement les pratiques que subissent depuis de trop longs mois, Jean-Jacques Ceccaldi, chef d’entreprise à Evisa, et son épouse. Au-delà de cette condamnation, nous vous demandons également, de prendre clairement position sur le déni de Justice auquel ils sont confrontés, et comme eux, tant d’autres …

Non au racket !

Menaces de mort,   tentatives d’extorsion de fonds,  attentats : Jusqu’où vont-ils aller ?

Une vie de travail détruite et  des enquêteurs impuissants face à l’angoisse d’une famille !

 

Le 19 septembre dernier, l’entreprise de travaux publics AITONE TP, était victime d’un incendie criminel : trois engins de chantier étaient brûlés dans la cour du hangar, avec pour seuls témoins des caméras que l’entrepreneur, Jean-Jacques CECCALDI avait  lui-même dû  faire installer.

Si Jean-Jacques CECCALDI a eu recours à ce système de surveillance, c’est que, depuis bientôt deux ans, il est en butte à des menaces de mort et à des tentatives d’extorsion de fonds auxquelles il n’a pas voulu obtempérer.

L’affaire a commencé en 2011, par l’incendie criminel  des engins de chantier appartenant à une entreprise sous-traitante, sur un chantier de travaux publics dont l’entreprise AITONE TP avait obtenu la maîtrise d’ouvrage.

Cet attentat était suivi d’une demande de fonds à hauteur de 50 000 euros directement adressée à Jean-Jacques CECCALDI par téléphone accompagnée de l’injonction de ne plus faire travailler de portugais.

 Plainte était déposée pour ces faits.

Quelques jours à peine après le dépôt de cette plainte JJCECCALDI était directement appelé sur son téléphone portable : une voix anonyme l’informait "que puisqu’il avait déposé plainte ce serait désormais pour lui comme pour les portugais" !

Ces menaces furent effectivement mises à exécution : coups de téléphone anonymes,  menaces de mort, tentatives de  plasticage en 2012 d’un engin, demande ensuite à nouveau de 100 000 euros de fonds, le tout subi pendant de longs mois dans l’isolement et le silence, la plus grande discrétion lui ayant été demandée afin de ne pas gêner l’enquête et les enquêteurs.

….jusqu’à cette nuit du 9 mars, où son hangar et tout le matériel qu’il contenait, furent complètement détruits !

Depuis le début de cette affaire, Jean-Jacques CECCALDI et son épouse, qui assure la partie administrative de l’entreprise, ont fait le choix de la légalité et de la Justice.

Rien n’y a fait puisque les malfaiteurs sont arrivés à leurs fins, détruisant ainsi le 9 mars dernier toute une vie de travail !

Ils ont alors rompu leur silence et crié leur indignation et leur colère devant un système   jusque là demeuré impuni et destiné à les réduire à l’impuissance.

Un collectif, sous le nom d’AITONE 2013, saluant leur courage et leur volonté de vouloir reconstruire malgré tout, s’est constitué, mais malgré les soutiens manifestés publiquement et la dénonciation du système d’oppression économique et individuelle qui gangrène  la Corse  jusqu’au plus petit village de l’intérieur, les malfaiteurs continuent d’agir en toute impunité sous le nez et à la barbe des enquêteurs !

Cette affaire est symptomatique d’une Corse qui se meurt, d’une Corse qui disparaît, celle  où les valeurs positives  du travail, du courage et de la solidarité, étaient la règle, surtout en milieu rural. Une Corse à identité suffisamment forte pour se rebeller contre toute injustice ou toute oppression, pour défendre la Liberté, à commencer par celle de tout homme de vivre et de travailler chez lui.

Aujourd’hui, à quoi bon lutter contre le désert rural et défendre la terre, si l’homme qui en fait le sel a disparu ? A quoi bon parler la langue, si ceux qui la pratiquent ne véhiculent pas les valeurs morales qui la transcendent ?

«  Core in fronte è strada diritta, o ghjuventù ! » s’exclamait PAOLI en s’adressant à la jeunesse Corse.

Ùn ci hè piu, oramai, nè core nè fronte, ancu menu strada diritta !

Aurons-nous encore en nous la capacité de nous indigner, de nous rebeller contre l’oppression, même si l’oppresseur, comme  ici, est  surtout intérieur ?

Aurons-nous la dignité de nous dresser contre cette intolérable injustice, qui oblige ceux qui vivent de leur travail, au paiement de la dîme et au silence ?

Aurons- nous encore le courage de dénoncer haut et fort des pratiques qui gangrènent le lien social, et s’érigent en système, dans une économie exsangue, où les travaux publics deviennent source d’enjeu, et les procédures d’appel d’offres, le terrain d’une guerre larvée, qui justifie les pires moyens  pour éliminer la concurrence ?

Peut on rester insensible devant  cette escalade programmée, alors qu’ une entreprise corse lutte pour sa survie, qu’ un homme et sa famille  vivent  dans une angoisse permanente, dans un canton où la suspicion délite un peu plus chaque jour le lien social!

Que doit-on  faire quand on est un honnête citoyen et que l’on se refuse de se soumettre à "la loi de la jungle" ? Quel recours individuel a - t’on  lorsque le non droit prime la Loi, et que l’on est condamné à l’impuissance ?

 Il semble plus facile en Corse d’user des services de l’Etat pour surveiller les propriétés privée de  quelques notabilités bien en cour, que d’assurer la protection d’un petit entrepreneur menacé de mort.

Le deuxième attentat, survenu dans la nuit du 19 septembre, a marqué la détermination implacable de ceux  qui veulent enterrer la Corse, celle que nous aimons et voulons continuer à défendre, dans un silence mortifère.

L’Etat,  après avoir dénoncé l’omerta et fustigé le recours à la vendetta, invoquera certainement  l’insuffisance de moyens et la difficulté des enquêtes en milieu rural : « on ne peut pas mettre un gendarme derrière chaque arbre ».

Or il est seul  garant de notre sécurité. Et si l’Etat n’est pas protecteur de nos Droits et Libertés Fondamentales, c’est qu’il faillit une fois de plus ici, à une de ses missions essentielles !

En bon donneur de leçons,  on nous renverra  encore à nous-mêmes, nous jetant, ainsi, par défaut de justice, dans les bras tentateurs de l’auto défense, pour mieux nous condamner ensuite.

 Un cycle pervers et une logique qui, depuis des décennies, ne se démentent ni ne se remettent en cause, et qui continuent ainsi à alimenter le mal en le laissant impuni.

Mais, il faut à un moment s’interroger : à qui profite le Crime ? Et que fait- on pour engager notre Ile sur la voie d’un véritable redressement, celui avant tout  des consciences ?

Le domaine de prédilection de ces pratiques, souvent tues et parfois malheureusement mortelles,  est le domaine des marchés de travaux publics, et au cœur de ces marchés et de leur attribution, l’élu lui-même devient une cible potentielle.

La condamnation claire par ceux qui nous représentent, de ces comportements crapuleux, qui polluent notre société et portent atteinte à la démocratie, et l’isolement de ceux qui les perpétuent, pourront seuls inverser la donne, et faire changer la peur de camp.

Jean-Jacques Ceccaldi et son épouse ont voulu eux même donner l’exemple de ce redressement, retroussant les manches pour reconstruire, et ainsi, montrer qu’ils avaient choisi le camp de la Vie et de la Dignité dans le Travail.

Ils ont reconstruit leur hangar, racheté et emprunté du matériel, voulu montrer que leur entreprise serait opérationnelle dès la saison hivernale.

Mais en dehors du courant de sympathie qu’ils ont suscité et du soutien des amis regroupés en collectif, et malgré la gravité des faits et leur répétition, aucune surveillance ou protection  n’a été mise en place ni même proposée.

Seuls, ils ont dû faire face à la nécessité de se défendre, en s’équipant d’un nouveau système de vidéo surveillance pour tenter d’empêcher un renouvellement des faits pourtant prévisible.

Cette volonté de redressement et leur courage ne pouvaient être tolérés par ceux qui veulent les anéantir.

Et c’est ainsi que, dans la nuit du 19 au 20 septembre, date anniversaire  de la Libération de la Corse, un nouvel incendie détruisait une pelle et la déneigeuse volontairement prêtée par un  entrepreneur solidaire pour affronter les rigueurs de l’hiver à venir.

Une fois de plus tout était mis en œuvre pour empêcher l’entreprise d’honorer son marché, sans crainte de pénaliser ainsi toute l’activité d’une micro-région.

Sur le territoire d’une Corse hier libérée par le courage et le sacrifice d’hommes valeureux, faut-il laisser prospérer les sombres canailles et malfaiteurs associés qui ne visent qu’à opprimer l’autre pour satisfaire leurs intérêts personnels ?

Pour ce genre de crapules, le silence des élites vaut caution.

Nous vous remercions de votre attention.

Jean-Claude Acquaviva, compositeur, Marie – José Bellagamba, avocat, Dominique Bianconi, enseignante, membre du Svegliu Calvese, Jean-Baptiste Calendini, universitaire, Thierry Casanova, directeur du CER, Bianca Fazi, médecin, Marcel Torracinta, directeur général d’établissements médico-sociaux, Jean-Pierre Orliac, enseignant , Antoine Versini, agriculteur.

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Femu a Corsica communique, avec prière d’insérer
Evisa : Soutien à Jean Jacques et Gigi Ceccaldi
Depuis des mois, la famille Ceccaldi d’Evisa vit une situation dramatique. Dans ce
contexte, la démarche du collectif AItone qui mène une action de sensibilisation
d’ampleur, utile et solidaire, est exemplaire. Elle la mène depuis plusieurs semaines
aux côtés des Ceccaldi, dont l’entreprise vient d’être durement frappée pour la
deuxième fois en l’espace de 6 mois.
Femu a Corsica tient à saluer l’initiative prise cette semaine par le collectif, à savoir
une lettre envoyée aux élus de l’ile pour alerter la Corse, face à l’inacceptable et au
prévisible. Cet appel solennel nous interpelle car il exprime une profonde inquiétude
que nous partageons, quant à la situation subie par une famille dont le seul défaut
est de vouloir « vivre et de travailler au village ». Un drame économique et humain se
profile dans un lascia corre quasi institutionnalisé et un silence pesant.
Cette lettre du 26 septembre 2013 prend valeur de symbole, face au renoncement et
au fatalisme ambiant ; Pouvons-nous accepter d’y répondre par un simple accusé de
réception ? Pouvons-nous, les uns et les autres, laisser une famille de travailleurs de
ce monde rural vivre encore longtemps dans la crainte du pire ?
Nous savons nos mots et nos communiqués insuffisants et pour l’heure incapables
d’arrêter les spirales de mécanismes mortifères. Ils disent pourtant notre volonté
profonde d’en finir avec des actes et un système qui détruisent chaque jour un peu
plus les fondements et les valeurs de notre communauté.
C’est pourquoi, au nom de notre combat au service d’un autre avenir pour le Peuple
Corse, Femu a Corsica reste mobilisé, est, et sera, dès demain, partie prenante de
tous les engagements prônant le respect d’autrui ainsi que la recherche de la paix et
du développement, à Evisa et partout ailleurs.
En ces circonstances difficiles, Femu a Corsica assure la famille de Jean Jacques et
de Gigi Ceccaldi de sa profonde amitié et de son soutien face à l’épreuve, et appelle
les corses à se joindre à l’appel du collectif Aitone.
Inseme, tutti, perchè chì stu paese si merita un’avvene di pace !

 

 

 

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