LE PRIX DU TRI SELECTIF

 

19/12/2010 15:30
24 Ore n°237
Par Guillaume Bernardeau

 

Le tri sélectif, geste minceur des factures

La collecte et le traitement des déchet coûtent cher aux collectivités. Trop, selon la chambre régionale des comptes. Désormais, notamment pour des préoccupations logistiques, les élus se tournent vers le tri sélectif. Qui pourrait aussi réduire la facture.

 

Gros sous. Le tri rapporte. Reste à convaincre les usagers.

Ce n’est un secret pour personne : la Corse est en retard dans le tri sélectif de ses déchets ménagers. « Nous partons de loin », reconnaît Xavier Wojtaszac, le Monsieur poubelles de la ville de Bastia. « En 2006, près de 60% des déchets étaient enfouis », souligne sur ce point un rapport de la chambre régionale des comptes. A la même période, sur le continent, le taux d'ordures allant en décharge ne dépassait pas les 39%.

 

Ecarts. « Une performance médiocre », analysait les rapporteurs, au sujet de la situation insulaire. La collecte sélective est jugée « modeste », notamment pour le verre. En 2006, la moyenne insulaire était de 6,4kg, alors que la nationale était déjà à plus de 28 kg, dès 2005. Si une évolution significative a été relevée depuis 2008, avec l’intervention du Syvadec, des progrès conséquents restent à faire.

 


Coût. Surtout que le débat ne peut se résumer à un simple sermon écologique. Que tout le monde n'a pas forcément envie d'entendre. En réalité, la progression du tri est également un enjeu financier pour les collectivités. Et pour cause : la collecte et le traitement des déchets coûtent cher. D’autant plus quand les tonnages prennent la route du centre d’enfouissement de Tallone. Où le prix de la prestation n’a cessé de gonfler depuis 2003. Actuellement, la tonne est facturé plus de 75 euros TTC. Alors que vendre la même quantité aux entreprises chargées de la valorisation rapporte au bas mot 200 euros. Sans compter les aides et les compensations accordées par des organismes comme Eco-emballage.

Gain. « Plus il y a de tri, plus on envoie de tonnages dans les entreprises de recyclage. Et plus ça nous rapporte », explique le patron du service bastiais des déchets. Les entreprises de valorisation rachètent le tonnage à un certain prix. Au final, c’est la facture qui se révèle moins onéreuse. Et au bout de la chaîne ce sont les habitants et les entreprises qui peuvent voir réduire leur niveau de taxe. En effet, ne percevant pas la taxe d’ordure ménagère, la communauté urbaine de Bastia a dû compenser par l’augmentation de la taxe foncière. Pour faire face aux augmentations de charges liées à la collecte, au transport, et au traitement des déchets.

 


Foyers. En lançant sa campagne d’affichage sur les ambassadeurs du tri, la collectivité bastiaise espère nourrir la dynamique, côté particuliers. Et augmenter le tonnage à la revente. Reste une variable. Inconnue, celle-là : l'implication de la population dans l’acte de tri. Aux habitants de choisir. Pour, peut-être, donner du corps à un nouveaux slogan publicitaire, qui pourrait ressembler à ceci : le tri sélectif, un geste minceur pour sa... facture 

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