MENACE SUR LES OURSINS


10/01/2011 15:30 
24 Ore n°249
Par Jean-Frédéric Gallo

Menace sur les oursins

La pêche aux oursins est ouverte depuis près d’un mois. Si la tradition des oursinades est respectée, du côté des professionnels, en revanche, c’est la soupe à la grimace. On est obligé de gérer la ressource.

 

Cette année, les pêcheurs professionnels se la jouent responsables. « Et ça, notamment à cause de plaisanciers qui,  eux, sont inconscients », lâche agacé Gérard Romiti, président du comité régional des pêches maritimes et des élevages marin. Pour la première fois, les professionnels du monde de la mer ont décidé de fixer une limite de 500 douzaines d’oursins par semaine. Pour chaque bateau.


DANGER. Mieux ! Ils ont aussi souhaité raccourcir la durée légale de pêche aux hérissons des mers. « Un vrai travail de gestion avec l’appui de scientifiques, précise le patron des pêcheurs. Car sinon, nous allons tout simplement ruiner l’espèce en Corse. » Pourtant, avec la vague de froid de ces quinze derniers jours, les oursins sont pleins et charnus. Et les récentes prises, plutôt moyennes l’année précédente, semble augurer une belle saison. Niveau qualité aussi, c'est la satisfaction.


BRACONNAGE. Seul problème ? Les oursinades. Une tradition qui ne nuit pas à la préservation de l’espèce, tant que la législation est respectée. Sauf que le quota de prise, fixé à trois douzaines maximum, est souvent dépassé. « On ne peut que déplorer le braconnage, raconte Jessica Dijoux, directrice du comité des pêches de Corse. Nous avons 20 bateaux qui ne vivent durant la saison que de cette pêche en Corse. » Des équipages de trois marins qui, dès que la météo le permet, plongent à trois mètres de profondeur pour récupérer l'échinidé. Une pêche difficile et exigeante physiquement.


APNEE. « A La Ciotat, par exemple, vous allez chercher les oursins avec des bouteilles, rappelle Romiti. Mais ici, pour ramasser des oursins, vous devez y aller en apnée. »  La pêche est ouverte du 1er décembre à fin mars. Des délais toujours plus courts car, ici, ils sont nombreux à ne pas jouer le jeu. « Même des restaurants se sont fait pincer en proposant ce produit hors saison, déplore Romiti. Il faudrait commencer à être plus vigilant pour ne pas courir à la catastrophe. »


OFFICE DE LA MER. Selon lui, il faudrait créer un office de la mer pour établir une surveillance plus stricte. « Je suis étonné qu’on ait toujours rien mis en place, s’agace notre interlocuteur. Déjà à cause des problèmes de pollutions ! Mais aussi fasse au manque de connaissances des plaisanciers. Après tout, la mer fait partie de notre patrimoine ! »

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