LE SANGLIER CE NUISIBLE

 

Le sanglier, ce nuisible

24 ORE 7/12/2010

Cultures envahies et retournées par les sangliers, les agriculteurs ont crié leur ras-le bol en occupant hier matin les locaux de la Fédération de chasse de Corse-du-Sud.

 

Occupation. Las de constater les dégâts sur leurs cultures, des agriculteurs réclament une meilleure gestion de la surpopulation des sangliers.

Descente surprise hier à la fédération de chasse de Corse-du-Sud. Ils ont garé leur 4x4 terreux et leurs bétaillères. En tenue de travail, vestes camouflage et polaires, une quinzaine d’agriculteurs ont débarqué, hier matin, dans les locaux de la fédération pour rencontrer son président, Paul Ettori. Celui-ci étant absent, ils sont restés, attendant l’arrivée express du directeur de la direction départementale des territoires et de la mer à qui ils ont pu exprimer leur ras-le-bol. Leur cible : le sanglier qui ravage les cultures.


Cochonglier. « Dites plutôt le cochonglier », s’exclame Toussaint Frassetti, propriétaire d’une exploitation bovine à Capo di Feno et Saint-Antoine. « Ce ne sont plus des sangliers, mais des cochons, ils n’ont peur de rien. Chaque nuit, ils viennent par dizaine retourner les champs. Il n’y a quasiment plus d’herbe pour les bêtes et ils mangent dans les nourrisseurs ». Le phénomène de surpopulation n’est pas nouveau, sauf qu’il a pris une telle ampleur que les agriculteurs ont décidé de réagir. Fusil en main, ils ont guetté l’intrus pendant la nuit. Bilan : trois agriculteurs verbalisés par des agents de l’office national de la chasse et de la faune. Toussaint Frassetti était l’un d’eux : « On nous prend pour des braconniers alors que l’on est chez nous à protéger nos cultures. » Les chasseurs demandent à avoir « au moins » le droit de tirer la nuit.  


Timbre. A midi passé, le directeur de la DDTM a enfin fait son arrivée. Dossier sous le bras, il a pris note des propositions avancées  par Jean-Dominique Musso, président de la chambre d’agriculture de Corse-du-Sud. Soit le classement du sanglier comme animal nuisible. L’instauration du timbre grand gibier (une méthode qui existe dans certains départements pour indemniser les dommages causés aux cultures et qui peut impliquer une certaine responsabilité des chasseurs). Ou encore, une juste évaluation des dégâts. « Beaucoup d’agriculteurs n’établissent pas de déclarations de dommages, parce qu’elles sont trop contraignantes et que les indemnisations ne correspondent pas aux pertes », souligne Jacques Abattucci, producteur dans la plaine du Taravo. « On sème le jour et le matin on constate les dégâts. J’ai perdu 6 000 euros de semences, comptabilise-t-il. Une telle invasion, on a jamais vu ça. C’est un fléau ».


Concertation. « Etonné par cette occupation », le président de la Fédération départementale de chasse, ne comprend pas. En juin dernier, un plan spécifique sanglier a été cosigné par la fédération de chasse, la DDTM et la chambre d’agriculture. « Six zones, allant de Cargèse à Porto-Vecchio, sont concernées. Et le sanglier y est classé nuisible. Du 1er juin au 15 août les exploitants ont la possibilité de pratiquer le tir de nuit après en avoir fait la demande à la DDTM. La chasse a même été repoussée au 28 février. Avec la possibilité de la poursuivre jusqu’au 31 mars », détaille-t-il précisant qu’avant de classer le sanglier animal nuisible sur le département, il importe d’effectuer un état des lieux. Les agriculteurs ne semblent pas en voir encore les effets

 

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