Forage offshore en Méditerranée : l’Unesco somme la France de s’expliquer

 

Forage offshore en Méditerranée : l’Unesco somme la France de s’expliquer

 

Par une lettre un peu ferme, l’Unesco, qui n’a pourtant guère l’habitude de s’immiscer dans les politiques des États, somme la France de s’expliquer sur l’impact potentiel des forages offshore en Méditerranée.

La France accordera-t-elle le permis de forage Offshore en Méditerranée ? Réponse le 11 avril.
En toute raison, la réponse devrait être non. En pleine zone sismique, la chose est risquée, sans compter l’impact sur les mammifères marins du sanctuaire Pélagos. Du reste, la veille de Pâques, le candidat/président à l’élection présidentielle a dénoncé « cette idée folle ». Faut-il le croire ? Les appétits pétroliers sont tels…
Il est vrai cependant que, depuis fin février, les choses sont montées d’un cran. L’Unesco, qui rarement interpelle les États, n’a pas hésité cette fois à exiger quelques explications de la France. La lettre émane de Kishore Rao, directeur du centre du patrimoine mondial. Elle est adressée au délégué permanent de la République française auprès de l’Unesco. Autant dire du sérieux. Elle veut en savoir plus sur l’état de conservation du golfe de Portu, des Calanche de Piana, du golfe de Girolata, de Scandula… »  L’Unesco somme la France de s’expliquer afin d’éviter un déclassement du bien.

Si le ton est diplomatique, il n’en est pas moins très ferme : « Nous sommes préoccupés par les menaces potentielles qui pèsent sur [la réserve naturelle de Scandula]. Je vous serais donc reconnaissant de bien vouloir transmettre [...] des informations détaillées, y compris une analyse d’évaluation d’impact potentiel des forages exploratoires sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. »

La date couperet est fixée « au plus tard pour le 30 mars 2012″. L’Unesco donne une liste de documents à fournir. Le sujet sera abordé lors du Comité du patrimoine mondial au cours de sa prochaine session à Saint-Pertersbourg (juin-juillet 2012).

De source informée, le ministère en charge de l’Écologie travaille toujours à répondre aux questions de l’Unesco, avec embarras cependant. En pleine compagne présidentielle, il est des sujets dont on se serait bien passé. Mais comment échapper à sa responsabilité ? Lobbys pétroliers ou patrimonial mondial, il va falloir choisir.

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