DECLASSEMENT D'ARONE

http://www.senat.fr/seances/s200111/s20011107/sc20011107024.html

DEJA EN 2001 LE MAIRE DE PIANA ALINE CASTELLANI VOULAIT SUPPRIMER LA PLAGE D’ARONE DES ESPACES REMARQUABLES PROTEGES

Extrait de la séance du 7 novembre 2001 au sénat

 

. le président. Quel est l'avis de la commission sur l'amendement n° 250 ?
M. Paul Girod, rapporteur. A la surprise peut-être de notre collègue Michel Charasse, je vais reprendre pour un instant l'amendement n° 181 (sourires), qui constitue une sorte de position de repli par rapport à celui de la commission, ce qui me permet de ne pas me mettre en contradiction avec moi-même !
J'attire l'attention du Sénat sur le fait que l'on est en train de tout confondre : la liste, ce n'est pas la carte ! La liste, c'est l'énumération des espaces et milieux à préserver, comportant notamment, en fonction de l'intérêt écologique qu'ils présentent, « les dunes et les landes côtières, les plages et lidos, les forêts et zones boisées côtières, les îlots inhabités, les parties naturelles des estuaires, des rias ou abers et des caps, les marais, les vasières, les zones humides et milieux temporairement immergés ainsi que les zones de repos, de nidification et de gagnage de l'avifaune désignée par la directive européenne n° 79-409 du 2 avril 1979 concernant la conservation des oiseaux sauvages et, dans les départements d'outre-mer, les récifs coralliens, les lagons et les mangroves ».
Si vous croyez qu'il s'agit ici de la carte, mes chers collègues, vous vous trompez ! La carte a déjà été établie par les services de l'Etat en fonction de la liste actuelle : cela s'appelle l'atlas, document administratif qui sert à préparer les « portés à connaissance » pour les communes, lorsque celles-ci doivent établir un PLU ou une carte communale, ou pour l'administration, quand elle doit conseiller le maire en matière de délivrance d'un document d'urbanisme adaptable à tel ou tel propriétaire.
Nous ne sommes pas en train de revoir la liste des espaces visés, mes chers collègues. Si vous voulez l'allonger encore, alors indiquez tout de suite qu'il faudra faire passer des bulldozers dans les zones urbanisées de Corse !
En réalité, dans l'état actuel des choses, tous les espaces sont déjà bloqués. Quand nous étions en Corse, nous avons pu consulter l'atlas de la Corse-du-Sud, établi, semble-t-il, par l'administration en toute honnêteté intellectuelle. La marge de manoeuvre est nulle ! Ainsi, Mme la maire de Piana nous a expliqué à quel point la situation était gelée : la seule plage sur laquelle elle pouvait espérer implanter un hôtel qui soit un moteur pour le développement de sa commune est située entre deux espaces remarquables, et tout est bloqué sur une profondeur de cinq kilomètres à partir du rivage !
Par conséquent, il ne faut pas en rajouter ! L'article 12, même dans la rédaction proposée par le Gouvernement, dont je répète qu'il s'agit d'une incantation et non pas d'une disposition, n'apporte aucune souplesse, et on ne le constatera qu'après que le PADU aura été adopté, c'est-à-dire dans cinq ou six ans.
Or la Corse est une île qui souffre, qui a besoin de se développer et d'accueillir un certain nombre d'implantations et d'investissements, en respectant le plus possible l'environnement. Des dispositions du style de celles qui nous sont soumises ne le permettent pas ! Va-t-on ajouter à la liste tous les sites d'où l'on voit le Monte Cinto ? (Sourires.) Dans ce cas, évidemment, les zones littorales à protéger remonteront jusqu'au sommet de l'île ! Soyons sérieux, monsieur le ministre !

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