LE PRINTEMPS DES BETONNEURS

LE PRINTEMPS DES BETONNEURS

EDITO AVRIL2013 U LEVANTE

 

Ça y est, le changement «espéré » arrive
aussi en Corse. Jusqu’à présent, les divers
collectifs pour l’application de la loi Littoral
se battaient avec les armes de la loi, contre des
spéculateurs, maires ou people qui voulaient
construire, rapidement, les pieds dans l’eau, de
préférence dans des sites protégés. Certains pour
se remplir les poches, d’autres pour créer
quelques emplois dans l’île en attendant de se
tourner vers une main-d’oeuvre étrangère moins
chère et plus malléable. D’autres encore pour le
prestige d’une habitation dans un site vierge, dont
l’accès serait strictement privatisé.
À chaque fois, les associations montaient au
créneau (souvent sous la menace) et contestaient
devant les tribunaux. Ceci n’empêchait pas les
divers promoteurs de se hâter de construire ; tout
en gagnant du temps en multipliant les recours,
pariant sur le fait qu’aucune cour n’ordonnerait
jamais la destruction d’une maison achevée.
Pourtant, même si des maires peu scrupuleux
avaient accordé des permis, tacites ou non, dans
des zones inconstructibles (avec la bénédiction du
préfet), il advint parfois qu’un jugement final
donnât raison aux associations.
Mais voici qu’on assiste aujourd’hui à un
mouvement nouveau : le « printemps des
bétonneurs ». Plus besoin de se battre au tribunal
pour valider un permis illégal.
On a trouvé mieux : les sites sont protégés. Qu’on
les déprotège ! (sic).
C’est ainsi que certains sites voient leur statut
changé après qu’une étude payée par ceux qui
souhaitent construire (cherchez l’erreur) a montré
leur absence d’intérêt scientifique (on n’y a vu
aucun lézard en hiver !).
Et peu importe que le Conseil scientifique vote
«Contre»; soulevant le manque d’éléments
fournis par l’étude. Cette instance n’a pas voix au
chapitre, son avis n’est que consultatif.
La Dreal a alors la voie libre. Elle décide que la
zone protégée ne l’est plus et qu’elle peut devenir
constructible. Les bétonneuses peuvent tourner,
les empêcheurs de bétonner en rond n’auront plus
lieu d’attaquer au tribunal. C’est ainsi, qu’une
partie de la colline d’Arone (Piana) a récemment
failli perdre son statut de Znieff.
Prochaine étape avec le même subterfuge :
désanctuariser la Testa Vintilegne. Des projets de
quarante ans sont en sommeil. ■

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