oui au padduc

 
 
 
 
 

Publié le  - 3
 
Photos Pierre-Antoine Fournil
 
 

Il a raison, Étienne Bastelica, lorsqu'il dit que tout n'est pas nécessairement prétexte à sceller dans le marbre des moments comme étant"historiques".

Il a raison de vouloir raison garder. Mais, hier, tour à tour, et quelle que soit la tendance, droite, gauche, nationalistes, ils ont eu tout autant raison les Stéphanie Grimaldi, Josepha Giacometti, Jean-Christophe Angelini, Pierre Chaubon et d'autres encore, de considérer qu'à l'Assemblée de Corse, le moment était solennel. Car il l'était.

Pourtant, elle s'est avérée pour le moins curieuse, cette session, où d'entrée en campagne latente à l'examen d'un document de 3 000 pages engageant l'avenir de la Corse, les 51 sur l'échiquier de la collectivité territoriale se sont écoutés. Avec, entre eux, un pavé qui aurait pu être matière à empoignade. Qui aura été, avant tout, matière à discussion(s).

Ces 51 ne se sont pas toujours approuvés réciproquement. Mais où ils se sont toujours tenus. Droits dans leurs bottes. Ceux qui étaient contre le document. Ceux qui l'ont approuvé.

Jusqu'au bout, chacun aura fait valoir son droit, voire son devoir. Son droit à l'expression.

Accouchement réussi après longue gestation

Vendredi 2 octobre. 12 h 32. Le Padduc vient d'être adopté. Pas de démonstrations plus que de raison, là encore, pas d'applaudissements. Personne ne s'est levé dans les rangées. Rien que de très logique à ce comportement sans émotionnel manifeste. Car, dans la démarche de co-construction voulue par tous, c'est la Corse à laquelle on a permis de devenir maître des lieux. Maître de sa terre. Une île jusqu'à présent, et depuis plus de trente ans, à la recherche d'un plan d'aménagement et de développement durable.

Désormais acté, par 36 voix pour, 12 voix contre, trois conseillers étant absents. Le vote s'est fait de manière uninominale, ainsi que Pierre Chaubon l'avait demandé.

Pas de satisfecit, bien plutôt une satisfaction partagée en 36.

Ceux qui ont dit oui. Pour les autres, des regrets, et la conviction que des garanties essentielles manquaient.

Néanmoins, ainsi que l'avait posé la conseillère exécutive Maria Guidicelli, dès le matin, toutes les opinions étaient, dans ce dossier-monstre de la mandature, respectables. "Chaque fois que vous prononcerez les quatre lettres du mot "pour", sachez que vous donnerez une image noble de la politique. Je respecte les approches différentes de ceux qui n'adhèrent pas. Nous devons rendre hommage à leur constance dans leur conviction. Reste qu'aujourd'hui, nous allons accoucher de notre bébé. Un bébé prometteur. La gestation aura été longue, mais nous l'avons bien porté. C'est une ère nouvelle qui s'ouvre pour la Corse".

Les clés pour déverrouiller

Tous, on l'a compris - en particulier les douze qui auront voté contre le document - ne sont pas de cet avis. Et les derniers échanges d'avant le vote auront été parfois très vifs. À charge pour certains. Auparavant, il y avait une inconnue. Celle que les élus du groupe Femu a Corsica avaient laissé planer.

Ils l'avaient dit la veille, ils étaient en rupture par rapport au texte.

Plus précisément, entre la version adoptée en octobre 2014 et celle d'avril 2015, ils ne trouvaient plus "leur compte", avaient-ils répété. Déposant, dans la foulée, une dizaine d'amendements.

Plus d'informations dans Corse-Matin du 03 octobre

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