Un journaliste « soulève » l’Assemblée de Corse !

Presse, Corse, Padduc : Un journaliste « soulève » l’Assemblée de Corse !

03 Janvier 2009 Par Michel Puech

 

Résumé des épisodes précédents : le 4 septembre 2008 sous le titre « Exclusif Plan d'aménagement de la Corse » Enrico Porsia, journaliste à Amnistia.net écrit : « Une passionnante histoire de familles, d'argent et de béton! », c’est-à-dire « L'extraordinaire destin des terrains du président du Conseil exécutif, du président de l'Office de l'Environnement et du cousin du président de l'Assemblée de l'île. » Trois mois et demi après, l’Assemblée de Corse se « soulève »… Troisième épisode. C’est une histoire simple. Une histoire de plans, de tracés, d’actes qu’il suffit de vérifier. Il s’agit de savoir si, oui ou non, des terrains inconstructibles pourraient devenir constructibles, si l’Assemblée de Corse votait un nouveau plan de développement, le Padduc. J’ai rapporté dans mon billet précédent l’envolée lyrique de Jean-Martin Mondolini, du groupe UMP, et son vibrant « rappel au règlement » enjoignant l’Assemblée à une étrange solidarité. Les propos rapportés étaient ceux des intervenants filmés par France 3. Voici maintenant les commentaires de nos « confrères » du Club de la Presse de Radio France Frequenza Mora, lundi 29 décembre dernier. Ecoutons… Pierre-Louis Alessandri, revient sur « une semaine d’agitation en corse ». « Agitation à l’Assemblée de Corse qui, au lieu de débattre de la Safer et de la Cadex, s’est soulevée pour dénoncer les attaques contre les deux Présidents, le Président de l’Office de l’Environnement à propos du Padduc…. Attaques venant d’un site Internet et du front anti-Padduc … L’examen des dossiers prévus a été une nouvelle fois reporté. Mais il fallait quand même que l’Assemblée dise quelque chose de ça … » Pause : au Club de la Presse, on ne cite pas le nom du site Internet source et on évite soigneusement d’évoquer le sujet de l’enquête, désigné par « ça ». Suit à l’antenne, Jean-Vitus Albertini, journaliste à France 3 qui fait une magnifique intervention sur le thème basique dans une école de journalisme : comment faire son enquête et vérifier les faits. Ecoutons… Play : « Moi je comprends parfaitement la réaction d’Ange Santini en particulier, qui a été meurtri par les attaques personnelles dont il a été l’objet. Joseph (ndlr Joseph-Guy Poletti) disait que la Corse est de petite taille, c’est vrai. Des fois ça a des inconvénients mais ça a aussi des avantages. Vous savez…Tout le monde connaît presque tout le monde. Il est difficile de dissimuler longtemps à ses voisins ce que l’on est réellement. En l’occurrence il est très facile d’aller à Calvi, en Balagne voir qui est Ange Santini, qui est sa famille.. Et si vous le faites je sais que tout le monde.., les journalistes, en tout cas, l’ont fait. Sa famille, lui même sont quand même des gens honorablement connus depuis toujours et les biens qu’ils ont acquis sont le résultat de leur travail. Quand il y a une telle unanimité sur une personne ça se passe de commentaires. » Moralité : une belle unanimité suffirait au journaliste pour se taire. Dommage que le même homme conclut « Ceci dit au delà de cette mise au point que l’Assemblée de Corse devait faire, c’est normal qu’elle l’ai faite, même si elle n’a pas réussi à se mettre d’accord sur une motion. » Curieux : verbalement tout le monde est d’accord, mais quand il s’agit de mettre son nom en bas d’une motion … C’est ensuite le moment où Joseph-Guy Poletti, éminence des médias, de la communication et de la publicité en Corse est sollicité par l’animateur du Club de la Presse : « Joseph-Guy Poletti ! Vous, dans Corsica, vous démontrez que les attaques contre Ange Santini ne sont pas fondées ! » lance vibrionnant Pierre-Louis Alessandri. La réponse n’est pas aussi enthousiaste et spontanée que la question : « Oui… enfin… Nous portons cette vision là du débat…/… » dit presque douloureusement Joseph-Guy Poletti du ton de l’homme qui sent venir les ennuis. Mais fier et courageux comme se veulent les Corses, la voix se redresse pour ajouter immédiatement « ...et je dois dire que j’en suis fier car je n’aime pas la vindicte, ni la curée, il suffit qu’une personne en soit victime pour qu’elle ait ma sympathie…/… » Ah quel brave homme, comme dirait Molière, qu’il y a là de bons sentiments appréciés à leur juste valeur par l’invité « hors presse » de l’émission, Mgr Jean-Luc Brunin, évèque de Corse. Je vous le dis : je suis fan du club de la Presse de Radio Frequenza Mora

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