LES COMMUNES A LA TRAINE

 


Les communes corses méritent le bonnet d’âne de la prévention des risques naturels. Selon la base de données Gaspar du ministère de l’Environnement, seules 15 municipalités ont établi leur document d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM), une obligation fixé par un décret... du 11 octobre 1990. Toujours selon cette même base, aucune des 360 villes de l’île n’auraient réalisé de plan communal de sauvegarde (PCS), pourtant prescrit par une loi d’août 2004.
Pour les responsables de la Dréal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), l’absence de DICRIM n’est pas forcément funeste. Ce document ne serait qu’un copié-collé à l’échelon local du dossier départemental sur les risques majeurs. Le défaut de PCS est en revanche plus inquiétant, si l’on en croit Jean-Antoine Demedardi. « La résistance d’une chaîne est liée à la résistance de son maillon le plus faible, en l’occurrence les communes », explique cet expert en gestion des risques majeurs. « Sans PCS, toute la chaîne de la prévention est fragilisée », affirme-t-il, vantant les mérites de ces plans qui permettent « de se préparer à vivre l’événement catastrophique. »
PRISE DE CONSCIENCE. Du côté de la préfecture, on ne nie pas l’évidence. Tout juste apprend on que la commune de Prunelli-di-Fiumorbo a dressé son PCS, et que celles d’Ajaccio et Porto-Vecchio planchent sur le sujet. Idem sur la vallée de Prunelli, où la question serait abordée à l’échelle de l’intercommunalité. « Les élus sont de plus en plus sensibilisés sur cette réglementation. Ils ont pris conscience de l’enjeu », souligne Philippe Tricoire. Selon le chef du service interrégional de défense et de protection civile, « les choses se font progressivement. Des dispositifs existent déjà, mais ils ne sont pas forcément formalisés », ajoute-t-il, afin de relativiser le problème.
« Il suffit de remettre au goût du jour une coutume corse », estime pour sa part Jean-Antoine Demedardi. « Un PCS, c’est ni plus ni moins la formalisation de l’operata, cette vieille tradition qui voulait que les villageois se mettent au service de la communauté pour lutter contre les aléas de la nature et leurs conséquences. » A bon entendeur…

SOCIÉTÉ
13/08/2010 17:00
24 Ore n°134
Par Geoffrey

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