MICRO DECHET MEGA POLLUTION

Micro déchets, méga pollution

250 milliards de micro fragments de plastique pollueraient la Méditerranée. Voilà les résultats peu encourageants livrés par l’IFREMER et l’université de Liège après l’expédition de l’association Méditerranée en Danger (MED).

L'Institut français de recherche pour l'exploration de la mer (Ifremer) en partenariat avec les chercheurs de l’université de Liège ont dévoilé leur première conclusion. Et les dégâts seraient considérables selon ces experts. 250 milliards de minuscules déchets de plastique contamineraient la Méditerranée. Avalés par les planctons, à leur tour mangés par les poissons qui finissent, pour certains, dans le ventre des consommateurs. Pour arriver à ces résultats, les scientifiques s’appuient sur des échantillons prélevés en juillet dernier par les membres de l’expédition MED au large des côtes françaises et au nord de l’Italie.


INQUIETUDES. « Nous avons fait les premiers prélèvements sur une hauteur de 10 à 15 cm d'eau. C'est donc une extrapolation sur des micro déchets flottants. Ce n'est pas sur toute la colonne d'eau », a précisé à l'AFP le chef de l'expédition Bruno Dumontet. Selon le site Internet de l’association MED, 90 % des stations visitées, soit 36, ont montré la présence en surface de pollution. En moyenne, le nombre de micro déchets flottants atteint 115 000 éléments par km². Cette concentration dépasse celle des gyres océaniques, ces tourbillons formant les « continents de déchets » du Pacifique et de l’Atlantique. Les gyres contiendraient près de 1100 tonnes de micro fragments plastiques.


EXTRAPOLATION. Une autre extrapolation, pour l’ensemble du bassin, a été estimée à environ 500 tonnes par le docteur François Galgani de l’Ifremer. Les mauvaises nouvelles n'arrivant jamais seules, le docteur Jean-Henri Hecq, du laboratoire d'océanologie de l'Université de Liège, a découvert une colonisation de ces micro plastiques par des algues. Un rapport complet de ces deux instituts est attendu pour mars prochain.


INITIATIVE. Le projet MED, inédit en Europe, a été monté par des bénévoles de l’association éponyme qui ont sillonné la Méditerranée à bord d’un voilier de 17 mètres. Le collectif, composé d’environnementalistes, de scientifiques, d’artistes et d’enseignants, est désormais soutenu par une dizaine de laboratoires universitaires européens. L’objectif, cette année, est de poursuivre les prélèvements pour aboutir à une analyse globale de toute la Méditerranée. Une mer idéale selon Dumontet, pour étudier ce type de pollution. La prochaine campagne prévoit des relevés comparatifs sur les lieux étudiés l’été dernier et de continuer les prélèvements en Espagne, Gibraltar, au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Corse.


PETITION. Résolue à vouloir combattre la pollution, Méditerranée en Danger est à l’origine d’une pétition sur Internet.  Pour une prise de conscience à la source. « Un million de clics pour la Méditerranée » a été lancée pour demander un nouveau cadre juridique à Bruxelles imposant l'éco-conception systématique de tous les produits de grande consommation.  Au 3 janvier, 4359 signataires ont apposé leur nom au document.

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