AUTOUR D'OTA

ITINERTAIRE EMPREINTE A

http://paglia.orba.free.fr/rando/r15ota.htm


Sur les hauteurs d'Ota



              Pour la première fois depuis fort longtemps, Sophie et moi venons de débarquer en Corse sans aucun de nos enfants (et oui, dix ans après notre première virée en Corse, le dernier a fêté ses 17 ans...). Pas de voiture non plus, compte tenu du programme : deux journées de mise en jambes dans le secteur d'Ota, basé au gîte « chez Marie », suivi d'un trek fort original au départ de ce même point. La veille, vendredi, nous avions réussi facilement à rejoindre en stop ce village depuis Bastia, avec nos sacs à dos bien joufflus.
              Eckard, un de nos compagnons de trek avait, lui aussi, prévu de s'entraîner un peu ; arrivé à Calvi, il a eu un peu moins de chance que nous, car il a réalisé le tronçon Porto Ota à pied... Une fois arrivé, il n'a pas trouvé mieux que de dépanner trois dames victimes d'une crevaison dans le village ! Trop tard pour pouvoir profiter de leur voiture réparée, il s'est néanmoins fait offrir une boisson au bar, et c'est donc là, en bonne compagnie, que nous l'avons retrouvé le vendredi après-midi.
              La discussion sur le parcours de mise en jambes du lendemain n'a pas duré bien longtemps : au départ d'Ota et à moins de faire un aller retour sur Evisa par les gorges de la Speluncata, une boucle de taille raisonnable entièrement tracée sur la carte IGN au 25000 s'impose assez naturellement...
              Une montée par le Mare e Monti jusqu'au col San Petru, une traversée relativement horizontale jusqu'aux bergeries de Corgola en passant par le col de Larata, puis la plongée dans les gorges de la Lonca avec baignades dans ses vasques en fin de journée, avant de rejoindre Ota.



Téléchargez ota.gpx, la trace GPS de la randonnée avec 610 points de passage et 11 points d'intérêt
(Pour son utilisation, notamment avec Google Earth, voir la page conseils)

 



              Ce samedi matin, après le petit déjeuner, vers 8h10, nous partons donc à trois, avec des sacs à dos paraissant bien légers, même après avoir fait le plein de nos gourdes à la fontaine de la place du village... Un compagnon supplémentaire s'invite : un beau chien, muni d'un collier avec marqué en gros le numéro de téléphone du propriétaire... Combien de fois son propriétaire l'aura recherché sur une étape du Mare e Monti ? Nous ne le saurons pas, mais en ce qui nous concerne, pas de craintes : s'il reste avec nous, il sera de retour au village le soir !
              Après une traversée d'une bonne heure sans vraiment gagner d'altitude, le sentier commence à bien grimper dans le ravin de Vitrone. Durant ce trajet vers le col de Saint Pierre, la vue sur le golfe de Porto, et tout particulièrement sur Capu d'Orto est tout simplement extraordinaire, particulièrement son pilier Nord dont le sommet semble avoir étêté...
              Notre compagnon, le chien qui avait pris de l'avance, ne semble plus vouloir continuer au bout de deux heures... il n'a pas l'air bien fatigué, mais semble fort malheureux de devoir nous abandonner ! Son maître aurait-il réussi à lui faire comprendre qu'il était interdit d'aller plus loin ?
              Après les lacets plutôt sympathiques du ravin de Vitrone, le sentier devient presque rectiligne et traverse une belle forêt de pins laricios. Nous atteignons bientôt la bifurcation vers les bergeries de Corgola. Petite discussion pour savoir si on fait un aller-retour vers Capu San Petru, à une vingtaine de minutes de là, un petit sommet un peu plus bas que nous. Eckard a mal à la plante des pieds : il a changé de semelle, et la nouvelle ne lui convient pas trop, et provoque une sensation de brûlure à la plante des pieds : il préfère attendre, le temps que Sophie et moi aillent explorer, sans sac à dos, ce petit sommet sans grande prétention. Le cheminement, toujours bien balisé, et presque plat, quitte le Mare e Monti à un petit col. 
              Nous profitons d'un magnifique panorama sur la côte Ouest et la réserve de Scandola, sur Paglia Orba, ainsi que d'autres sommets que nous devrions avoir l'occasion de découvrir de plus près les jours suivants, Capu a a Cuccula, Capu Scaffone. Dommage que cette brume, en général synonyme de beau temps à venir, estompe fortement les reliefs et encore plus la côte !

 

 

 

 


              Après avoir retrouvé Eckard, qui avait profité de sa pause pour déjeuner, nous nous rassasions à notre tour. En fin de repas, un grand fracas : une énorme branche d'un pin laricio, à une vingtaine de mètres de nous tombe, alors même qu'il n'y a pas le moindre souffle de vent ! Nous devisons quelque temps sur les risques de déjeuner tranquillement dans une forêt, et sur des risques imprévisibles auxquels nous sommes exposés... D'ailleurs quatre jours plus tard, nous échapperons une nouvelle fois à un autre risque assez inhabituel en Corse : un bel éboulement de rochers dans un couloir traversé quelques heures auparavant.
              Après tout, nous n'étions pas à proximité immédiate de la branche qui est tombée, et repartons sans trop d'émotions, vers le col de Larata.
              La montée est relativement douce, mais la forme n'est pas totalement au rendez-vous, et je ne suggère même pas à mes coéquipiers de monter à Capu di Larata au sud du col, un objectif qui mériterait sans doute d'être exploré, au milieu de quelques rochers en forme d'aiguilles.
              Après le col, une courte descente nous mène vers une bergerie qui, en saison, sert peut-être des repas et des boissons : nous y trouvons en effet des signes d'occupation, et notamment des bidons pour chercher de l'eau... Après avoir cherché en vain la source aux alentours, nous voilà repartis en direction des bergeries de Corgola, en nous résignant à attendre le ruisseau de la Lonca pour reprendre de l'eau. En fait, nous trouverons la source un peu plus loin sur le sentier, à cinq minutes de la bergerie. Fini le rationnement : il faisait bien chaud ce jour là, et nous profitâmes goulûment de cette belle source. Un peu plus tard, nous apercevons une autre bergerie, en bon état, bien au-dessus du sentier, mais ma proposition d'aller voir et peut-être d'essayer de poursuivre la ligne de crête vers Capu a Vetta (point culminant du secteur avec ses 1282m) n'est pas très convaincante...
              A environ 500 mètres des bergeries de Corgola, la vue qui s'ouvre sur la chaîne principale nous incite à faire une nouvelle pause. A l'ouest de Paglia Orba, Capu Scaffone et la fameuse vire d'Andade u Ponte que nous arrivons à bien localiser. Plus à l'Est, Capu a Cuccula domine les vallées de la Lonca au Nord et la vallée d'Aitone au Sud : une réelle invitation pour la journée du lendemain !
              Nous arrivons vers 14h45 aux bergeries de Corgola, un autre bel endroit pour se reposer, mais il fait bien chaud, et Sophie est pressée pour aller se rafraîchir dans les vasques de la Lonca, quatre cent mètres plus bas...

 

 

 

 

 

 


              Il s'agit du seul endroit du parcours où l'orientation nécessite un peu d'attention : il s'agit de trouver le départ du sentier, et pour cela il suffit de s'éloigner de la bergerie sur une vingtaine de mètres dans la bonne direction, vers le Sud-Est. Sophie ouvre le chemin, en descendant à toute allure sur des lacets relativement escarpés, et est obligée de nous attendre assez régulièrement... D'habitude c'est plutôt l'inverse, mais l'attrait de l'eau fraîche des vasques est aujourd'hui particulièrement puissant chez elle. J'ai beau lui expliquer qu'il serait dommage de s'abîmer une cheville dans la descente, rien n'y fait !
              Arrivés une dizaine de mètres en balcon au-dessus de la Lonca, sous un épais couvert végétal, Sophie quitte le sentier au premier endroit où une descente semble -tout juste- praticable... Pas de chance, nous arriverons à un site pas très adapté à la baignade... Remontée vers le sentier pour aller un peu plus loin ; après avoir perdu une vingtaine de minutes au cours de cette première tentative, voilà un beau cairn qui indique cette fois un passage vers une vasque qui s'avère être fort agréable, même si ce n'est pas la plus grande. Cette dernière doit être quelques centaines de mètres plus loin (avec un accès plus difficile car il s'agirait, comme nous le verrons tout à l'heure de perdre une cinquantaine de mètres depuis le sentier).
              Nous serons à l'eau vers 16h00... une température de l'eau idéale, une profondeur permettant de nager, une petite chute pour les massages, des rochers pour s'étaler, au choix à l'ombre ou au soleil... on ne pouvait rêver mieux ! Au bout d'un certain temps, Eckard nous rappelle à l'ordre : il doit rester 1h30 à 2h00 pour rejoindre Ota, où Elisabeth, Serge et Arnaud, trois des autres participants au trek démarrant après-demain, sont sans doute arrivés, et risquent de se demander ce que nous pouvons bien fabriquer...

 

 


              Nous quitterons finalement la vasque vers 17h30. Le sentier, toujours bien balisé suit la Lonca, en la surplombant de plus en plus, puis un petit col avec une montée assez raide d'un bonne centaine de mètres permet d'éviter le défilé final de la Lonca. Ce col permet de basculer sur le versant Nord de la rivière de Porto. Encore 300 mètres à perdre pour rejoindre la D124 menant à Ota. Plutôt que de faire le dernier kilomètre sur la route, nous la traversons pour prendre le sentier quelques mètres en contrebas. D'une part il n'est pas très agréable de finir une balade sur une route, même si celle-ci est très peu fréquentée, mais surtout, un prunier a poussé au bord de ce sentier, juste avant le village, et celles-ci sont succulentes en cette fin de mois de juin, nous les avions d'ailleurs abondamment testées la veille au soir !
              Il sera 19h20 lorsque nous arriverons au gîte ; 11 heures d'absence dont près de 8 heures de marche avec quelques 1200 mètres de dénivelé positif : une bonne mise en jambes, qui pourrait presque figurer dans le chapitre nos 20GR ; mais après tout, il s'agit d'une rando sans difficulté d'orientation et entièrement sur sentiers balisés, qui plus est splendide. Comme prévu, Elisabeth Serge et Arnaud nous attendent et commençaient quelque peu à s'inquiéter de l'absence de nouvelles de notre part... Nous aurons tout juste le temps pour prendre notre douche avant de nous attabler pour un dîner bien mérité, avec nos trois coéquipiers qui ont passé une journée moins agréable dans les transports pour rejoindre Ota depuis le continent

 

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