les sites naturels de Corse sont-ils surfréquentés?

Publié le  -corse matin
Comme les calanche de Piana, les îles Lavezzi subissent une importante fréquentation en été. Face à cette situation, plusieurs responsables de l'île prônent un encadrement plus strict pour préserver ces sites.
Comme les calanche de Piana, les îles Lavezzi subissent une importante fréquentation en été. Face à cette situation, plusieurs responsables de l'île prônent un encadrement plus strict pour préserver ces sites.
 
 

D'après les spécialistes, le constat est mitigé. Certains hauts lieux touristiques, tels que les calanche de Piana et les îles Lavezzi, subissent une pression certaine en été. D'autres, contre toute attente, sont plutôt épargnés.

En colère. La semaine dernière, en Balagne, des riverains ont bloqué l'accès des touristes à la baignade dans la rivière du Fango. La banderole déployée résumait parfaitement leurs doléances : "Notre vallée n'est pas une poubelle" .

"Vraie saturation automobile"

Ce coup de gueule est révélateur d'un ressenti perceptible à travers l'île. Chaque année, comme un refrain, des habitants dénoncent un tourisme de masse et une surfréquentation des sites naturels. À leurs yeux, le problème est évident : près de trois millions de touristes débarquent en Corse sur une courte période. Conséquence : une augmentation du trafic automobile sur des routes parfois peu adaptées à une telle "charge", des bateaux mouillant sauvagement dans les criques de l'île...

De telles critiques ne se limitent pas aux discussions de comptoir dans les bars de village. En plusieurs endroits, le phénomène de la surfréquentation suscite aujourd'hui de réelles inquiétudes, comme c'est le cas dans les calanche de Piana ou le golfe de Porto. Seul site corse inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité Unesco, ce dernier n'est pas assuré de conserver son label. Les experts de l'organisation ont posé la question des flux touristiques de ce site d'exception classé depuis 1983 et accueillant annuellement entre 600 000 et 800 000 personnes à terre.

En plein été, de nombreux bus et autant de voitures se croisent continuellement, provoquant même des embouteillages en raison de la faible largeur de la route. "La question s'apparente à une inquiétude et une mise en garde", observe Jean-Marie Séïté, président par intérim du Parc naturel régional de Corse (PNRC), en parlant de "vraie saturation automobile".

Plus d'informations dans votre Corse-Matin du 24 août


Cap Corse : "la guerre" contre le camping sauvage

En période estivale, les randonneurs sont toujours plus nombreux à emprunter le chemin des douaniers de la pointe du Cap Corse, un sentier balisé qui traverse la réserve naturelle. Et comme chaque année, il n'est pas rare d'observer quelques écarts au règlement.

Sur le chemin et les plages, les agents de l'association Finocchiarola - Pointe du Cap Corse sont souvent occupés à récupérer bouteilles et papiers abandonnés par les promeneurs. Et pourtant sur un site préservé, des règles strictes doivent être respectées pour assurer l'avenir du territoire.

84 personnes empêchées d'installer leur bivouac

L'autre grande mission des saisonniers et professionnels est de "faire la guerre" au camping sauvage. En famille ou entre amis, ils ont une nouvelle fois été nombreux à vouloir passer la nuit sous les étoiles. Mais ils ont finalement été contraints de ranger leur bivouac. Ainsi, quatre-vingt-quatre personnes qui voulaient camper sur place, par méconnaissance ou par choix, ont dû remballer leur matériel.

Plus d'informations dans votre Corse-Matin du 24 août


Dans le Centre Corse, alerte aux écosystèmes en danger

La randonnée devenant un loisir de plus en plus prisé, la montagne est, chaque été, un peu plus prise d'assaut.

Et certains chiffres donnent le vertige : on estime que la vallée de la Restonica, par exemple, voit défiler 260 000 personnes par an. On a compté qu'en haute saison, 1 500 paires de pieds foulent le sentier du lac du Melu. Qui du coup, s'affaisse un peu plus. Envahi de gros cailloux et de petits rochers, il devrait bénéficier de l'opération Grand Site Restonica pour subir un sérieux lifting. "Une fiche pour la réhabilitation des sentiers est prévue, confirme l'hydrobiologiste Antoine Orsini. Des pierres levées seront mises en place pour éviter le ravinement et un volet pédagogique sera instauré. Les gens doivent comprendre qu'il ne faut pas sortir du sentier car c'est cette manie qui abîme tout. Et s'il le faut, nous mettrons en place une répression."

On pourrait appeler ça le revers de la médaille : un bel endroit attire du monde. Et le monde va défigurer le bel endroit.

 

Dès lors, comment faire pour lutter contre ce phénomène ? Mettre les zones naturelles sous cloche ?

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